Opportunités d’affaires en Afrique : Les noix de coco, l’eldorado et/ou la marche vers la transformation structurelle.

Comment l'écorce de noix de coco est utilisée pour stocker l ...
La noix de coco la spéculation financière de demain

Sous l’effet des thèses écologiques, de nouvelles sources d’énergies sont testés dans le monde. Au nombre de celles-ci, l’utilisation des supercondensateurs, moins connus et provenant du charbon issu des coques de noix de coco. Et pouvant compléter ou même parfois remplacer les batteries pour faire rouler les véhicules de tous types notamment les bus électriques en ville. Un système de stockage d’énergie vert qui pourrait sonner un nouvel eldorado dans certains pays tropicaux, notamment d’Afrique et spécifiquement la Côte d’Ivoire dont le potentiel avéré est très peu exploité. Dans cet article, nous vous proposons des éléments pour mieux comprendre les enjeux : le potentiel du marché africain, le potentiel du marché ivoirien, les opportunités à saisir.

Des coques de coco transformés en charbon pour terminer en super condensateur

Le cocotier est essentiellement une culture paysanne dont seulement 6 %  de la production mondiale serait issue de grandes exploitations. Selon la FAO, 60,7 millions de tonnes ont été produites en 2008, ce qui fait de la noix de coco le sixième fruit le plus cultivé au monde et cela à travers plus de 90 pays. Au cours de la dernière décennie, la production a augmenté de 19 % (50.8 millions de tonnes en 2000). L’Asie et le Pacifique représentent 86 % de la production mondiale, l’Amérique latine et les Caraïbes 10 % et l’Afrique 3 %. Et plus de 70 % de la production mondiale se concentre dans seulement trois pays : l’Indonésie (32 %), les Philippines (25 %) et l’Inde (18 %). Loin derrière se trouvent le Brésil, le Sri Lanka, la Thaïlande, le Mexique et le Vietnam. La Côte d’Ivoire et la République dominicaine n’arrivent qu’en 22e et 28 positions.

Des noix de coco secs

Un produit tourné vers l’alimentation et la cosmétique

Jusqu’à ce jour, le commerce de la noix de coco est majoritairement tourné vers les produits transformés pour l’alimentation et la cosmétique. Ainsi, seulement 0,6 % de la production mondiale fait l’objet d’échanges internationaux sur le marché du frais. A part l’Indonésie, les principaux pays producteurs ne sont pas les principaux pays exportateurs. Les exportations de noix de coco ont progressivement augmenté au cours de ces dernières années. Elles atteignaient 360 000 t en 2008 contre 222 000 t en 2000, soit un accroissement de 62 %. Cette augmentation globale pourrait être due à une hausse de la consommation par habitant, au développement démographique et à la mondialisation des échanges. L’Asie, en contribuant pour 77 % aux exportations mondiales, est le premier fournisseur de noix de coco. Les principaux pays exportateurs asiatiques sont le Vietnam, l’Indonésie, le Sri Lanka et la Thaïlande, puisqu’ils représentent respectivement 34 %, 31 %, 11.4 % et 11.3 % de la totalité des exportations provenant d’Asie. Pour approvisionner le marché mondial, d’autres origines sont présentes comme les pays d’Amérique latine ou d’Afrique de l’Ouest. Avec 12 % des exportations totales, les pays latino-américains forment le deuxième fournisseur mondial de noix de coco, loin derrière les pays asiatiques. Les deux principales origines sont le Mexique et la République dominicaine, qui approvisionnent les régions nord-américaines et plus faiblement l’Europe. L’Afrique, quant à elle, exporte deux fois moins que l’Amérique latine et approvisionne essentiellement l’Europe. Avec 95 % des exportations africaines, la Côte d’Ivoire contribue à la quasi-totalité des exportations de ce continent. Une donne qui pourrait changer très vite avec l’utilisation des noix de coco comme supercondensateurs, en substitut et ou en combinaison du pétrole (dont le prix est très volatile sur le marché africain)

La noix de coco : le futur nouvel eldorado pour l’Afrique

Avec la fluctuation constant des cours du pétrole, et le besoin de changement du système de production productiviste très peu écologique, les nouveaux procédés de production d’énergie sont en ébullition. Au rang de ceux-ci, les coques de noix de coco transformées pour être utiliser comme catalyseur énergétique. Une aubaine pour les pays tropicaux et spécifiquement pour les pays d’Afrique, sujets aux fluctuations des cours des matières premières.  Pour ce faire, deux enjeux majeurs restent à relever la hausse de la production (Encadré 2) et l’optimisation du système de stockage d’énergie.  En effet, les batteries « chimiques » ne sont pas les seuls systèmes de stockage d’électricité intéressants. Les supercondensateurs (SC), bien moins connus, contenant du charbon issu d’écorces de noix de coco, peuvent compléter ou même parfois remplacer les batteries pour faire rouler les véhicules électriques.

Encadré 1: Les supercondensateurs (SC)

Les supercondensateurs (SC)stockent rapidement un peu d’électricité dans deux armatures conductrices séparées par un isolant électrique. Il a ensuite le pouvoir de la délivrer avec une grande puissance, presque instantanément. Il fonctionne sur le même principe qu’un condensateur classique, mais il est constitué de matériaux différents, dont parfois le charbon actif poreux issu de l’écorce de la noix de coco. Peu cher, ce dernier permet d’obtenir de bonnes performances grâce à la grande surface développée dans ses pores (environ 2000 mètre carrés par gramme !). Il favorise ainsi le stockage des électrons pour concentrer environ 10 wattheures par kg (Wh/kg), soit une centaine de fois plus d’énergie qu’un CC (0,1 Wh/kg). Il contient cependant encore 10 à 20 fois moins d’électricité par kg qu’une batterie chimique de dernière génération lithium-ion (200 Wh/kg). Mais le procédé électrochimique de cette dernière limite à quelques milliers son nombre de cycles charges – décharges « lentes » (quelques heures à quelques minutes), alors que les supercondensateurs supportent des charges et décharges (en quelques secondes) jusqu’à un million de fois en délivrant une grande puissance.

Pour sa production, la Chine entend bien être à pointe du développement mondial des supercondensateurs appelés à être utilisés conjointement avec les batteries, quand ils ne les remplacent pas totalement. Ainsi, la société CSR Zhuzhou Electric Locomotive a présenté en 2015 un bus électrique dont la recharge est la plus rapide au monde (10 secondes grâce aux SC). Des bus électriques alimentés uniquement par des SC à Ningbo, dans l’est de la Chine, parcourent un trajet de 11 km avec 24 arrêts. Les SC sont rechargés en moins de 30 secondes à chaque arrêt, par une alimentation extérieure pendant que les voyageurs montent et descendent du bus.

CHINA-ZHEJIANG-NINGBO-TROLLEY BUS-SUPER CAPACITOR (CN)
La société CSR Zhuzhou Electric Locomotive a présenté en 2015 un bus électrique dont la recharge est la plus rapide au monde (10 secondes grâce aux SC)

Encadré 2 : Accroitre la production de noix de coco en Afrique  

Malgré son potentiel naturel, les pays tropicaux africains produisent très peu de noix de coco. L’un des plus grands producteurs africain est la Côte d’Ivoire qui est à la 22e position dans le monde. Situé dans les tropiques, avec un littoral de 23 253 km2 (soit 7% de la superficie), la Côte d’Ivoire a tous les atouts pour bénéficier de la manne financière à venir du boom des supercondensateurs à base de noix de coco. En attendant, d’actualiser nos données, la production de noix de coco était de 95 000 tonnes en 2008 et 27 000 tonnes exportées en 2012, avec des prix aux producteurs très faibles. Une situation qui avait amené les producteurs à demander une restructuration de leur filière en exigeant des prix plus élevées. Au-delà, de la restructuration  de la filière, il est nécessaire d’investir dans la rechercher et développement (RD) et la transformation industrielle. A l’image des dragons d’Asie qui tiennent le pavé de la croissance économique mondiale, la transformation structurelle par des investissements dans des industries de productions pourrait générer plus de revenus que juste une stratégie d’exportation extensive comme pour le café et le cacao. A cet, effet, des usines clés à mains crées par des nationaux à proximité des zones productions permettrait de créer de nouveaux pôles industrielles et créer des emplois pour les emplois des jeunes dans un monde post-COVID, qui sera tourné vers l’écologie. Toutefois, en attendant la réponse des Etats-Africains, le secteur-privé et ou des particuliers peuvent déjà s’y intéresser et en tirer les profits.

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Des noix de coco frais en Côte d’Ivoire

Un dossier de la rédaction de OpenEco+ disponible sur tous ses réseaux sociaux.

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