Objectif ODD 6: Des perspectives pour calculer la valeur de l’eau ?

Proposée dans l’Agenda 21 au cours du sommet de Rio en 1992 et adoptée le 22 février 1993 par l’Assemblée générale des Nations unies, le 22 mars de chaque année est célébrée la Journée mondiale de l’eau avec des thèmes différents. Pour cette année 2021, le focus met l’accent sur la devise : « Valoriser l’eau » avec en toile de mire la nécessité de calculer la valeur de l’eau. Une occasion propice pour nous prolonger dans le rapport 2021 sur le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2021: la valeur de l’eau.

22 mars : Journée Mondiale de l’Eau. La devise de cette version 2021 est « Valoriser l’Eau »

L’eau est un élément essentiel du développement durable, les ressources en eau et la gamme de services qu’elles fournissent jouent un rôle clé dans la réduction de la pauvreté, la croissance économique et la durabilité environnementale. L’eau favorise le bien-être de la population et une croissance inclusive, et a un impact positif sur la vie de milliards de personnes, en influençant les problèmes qui affectent la sécurité alimentaire et énergétique, la santé humaine et l’environnement. D’où sa place essentielle dans les Objectifs du Développement Durable (ODD). En effet, l’objectif de l’ODD 6 est de garantir la disponibilité de l’eau et de l’assainissement pour tous. Pour satisfaire cet objectif, il est nécessaire de comprendre la véritable valeur multidimensionnelle de l’eau pour la préserver. Pour ce faire, l’ONU propose cinq perspectives d’évaluations : 1- les sources d’eau en tant que ressources naturelles en eau et écosystèmes, 2- les infrastructures hydrauliques de stockage, de traitement et d’approvisionnement, 3- les services liés à l’eau potable, à l’assainissement et aux services la santé, 4- l’eau en tant qu’intrant pour la production et l’activité socio-économique, comme l’alimentation et l’agriculture, l’énergie et l’industrie, les affaires et l’emploi, et 5- les aspects socioculturels de l’eau tels que les qualités récréatives, culturelles et spirituelles.

Des éléments qu’on retrouve dans le nouveau rapport de l’édition 2021 du Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, intitulée « La Valeur de ‎‎l’eau». Ce rapport propose une analyse de la situation actuelle et des défis liés à l’évaluation de la valeur ‎‎de l’eau dans différents secteurs et selon différentes perspectives, et identifie les moyens de ‎‎promouvoir l’évaluation en tant qu’outil de développement durable.

Le lien de téléchargement du rapport.

https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000375725

La question de la « La Valeur de ‎‎l’eau»

La valeur de l’eau peut-elle être mesurée ? Et si oui, comment ? Qui peut prétendre déterminer la valeur de l’eau ? En d’autres termes, quelle valeur possède l’eau — et pour qui ?

En tant que source de la vie, des sociétés et des économies, l’eau est porteuse de multiples valeurs et avantages. Mais contrairement à la plupart des autres ressources, il s’avère extrêmement difficile de déterminer sa valeur « réelle ». Si l’on suit les théories économiques, la valeur d’un bien dépend de sa rareté, c’est-à-dire de l’écart entre des ressources limitées et des besoins illimités. Nécessairement chercher à déterminer la valeur de l’eau supposer d’en déterminer l’Offre: les capacités existantes (limitées) et la Demande (les besoins illimités).

L’eau une ressource limitée

L’eau couvre environ 70% de la planète, c’est-à-dire environ 1.4 milliards de km³. C’est pour cela qu’on donne souvent à la Terre le nom de planète bleue. 97.2% de cette est de l’eau salée et seulement 2.8% est de l’eau douce. Ces 2,8% se répartissent de la façon suivante : 2.15% de glace polaire, 0.63% d’eaux souterraines, 0.02% d’eaux de surface (lacs, fleuves, rivières…) et 0.001% d’eau atmosphérique. La majorité de l’eau douce est sous forme de glace polaire qui est inutilisable. Il ne reste donc que environ 1/4 de l’eau douce pour que la satisfaction des besoins de la planète ce qui est très peu. Heureusement, cette eau se renouvelle assez rapidement : cela prend en moyenne 16 jours pour une rivière et 17 ans pour un lac. Cependant, il faut veiller à maintenir cette eau douce propre pour que la pollution ne détruise pas cette très petite partie d’eau utilisable par les hommes. Toutefois, le climat est un élément clé au point de vue des ressources en eau qu’un pays peut se procurer. En effet, plus le climat est sec, moins les ressources en eau seront abondantes et au plus l’irrigation sera importante. De plus, des précipitations assez régulières sont plus faciles à gérer que des précipitations avec de fortes variations saisonnières. Le problème d’accès à une eau de qualité n’est pas uniquement présent dans les pays arides, il est également bien réel dans les pays où il pleut beaucoup et où les équipements d’assainissement ne sont pas suffisants.

D’ici à 2030, il manquera à l’humanité 40 % de l’eau dont elle aura alors besoin

Concernant la demande, il faut notée que l’eau est très inégalement répartie sur notre planète. 1.1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau salubre (= eau propre) et un tiers de la population mondiale est privée d’eau potable, c’est-à-dire celle que l’on peut consommer. 9 pays (le Canada, la Chine, la Colombie, le Pérou, le Brésil, la Russie, les Etats-Unis, l’Indonésie et l’Inde) détiennent 60 % des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde. Et environ 80 pays, c’est-à-dire 40 % de la population souffrent de pénurie d’eau. Parmi eux, certains pays n’ont quasi pas de ressources en eau : le Koweït, Bahreïn, Malte, Gaza, les Emirats Arabes Unis, Singapour, la Jordanie, la Lybie.

Selon le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2021: la valeur de l’eau; plus de 2 milliards de personnes vivent déjà dans des régions soumises à un stress hydrique et quelque 3,4 milliards de personnes, soit 45 % de la population mondiale, n’ont pas accès à des installations d’assainissement suffisamment fiables . 450 millions de personnes dans 29 pays sont confrontées à des problèmes de pénurie d’eau régulière. 15000 personnes dont 6000 enfants meurent chaque jour de maladies liées au manque d’eau potable. (10 personnes/minute dont 4 enfants). Des études indépendantes établissent ainsi que, d’ici à 2030, il manquera à l’humanité 40 % de l’eau dont elle aura alors besoin. Cette situation sera encore aggravée par les grands bouleversements mondiaux, comme la COVID-19 ou le changement climatique.

 » Cette Journée se veut donc un appel à l’action. La responsabilité nous incombe à toutes  et  à tous,  gouvernements,  associations  et partenaires  privés,  de  prendre  conscience   des   valeurs   de   l’eau   et   d’agir   pour   préserver   cette   ressource   fondamentale, celle qui donne sa couleur unique à notre planète. « 
— Audrey Azoulay, Directrice générale, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2021.

L’eau devient de plus en plus rare et est, dès lors, de plus en plus convoitée. Elle constitue un enjeu politique et économique important. Si, dans les années à venir, la répartition de la ressource et sa gestion ne s’améliorent pas, le manque d’eau pourrait devenir une préoccupation importante pour les 2/3 de la population.

Reconcilier les clivages sur la valeur de l’eau.

Comme le souligne ce rapport, il existe peu d’approches unifiées et standardisées pour évaluer la valeur de l’eau, que ce soit au sein d’un même secteur ou entre secteurs. En outre, ces approches ne tiennent pas toujours compte des divergences de perspectives entre systèmes de croyances, cultures, genres et disciplines scientifiques. Seul le croisement de ces différents points de vue permettra de parvenir à des processus de décision plus durables, plus inclusifs, plus soucieux des questions de genre et, en un mot, plus justes. Ainsi, nous pourrons progresser sur le chemin de l’Objectif de développement durable n°6, à savoir un accès à l’eau et à l’assainissement pour tous.

Souvent utilisée pour orienter les décisions politiques, la comptabilité économique classique tend à estimer la valeur de l’eau de la même manière que la plupart des autres biens — c’est-à-dire, en se basant sur le prix ou les coûts de l’eau lors de transactions économiques. Cependant, dans le cas précis de l’eau, il n’existe aucune relation claire entre son prix et sa valeur. Lorsque l’eau fait l’objet d’une tarification, c’est-à-dire lorsque son utilisation est facturée aux usagers, son prix est destiné à un recouvrement des coûts et ne reflète pas la valeur fournie. Pourtant, en ce qui concerne l’évaluation, l’économie reste une science pertinente, puissante et influente, même si son application doit encore être élargie. Il faut néanmoins concilier les différentes valeurs de l’eau ainsi que trouver des compromis entre elles afin de les intégrer dans des processus de planification et de décision systématiques et inclusifs. La voie à suivre consistera donc à poursuivre, si possible, la mise au point d’approches communes en matière d’évaluation de la valeur, mais aussi à privilégier des approches améliorées permettant de comparer, de confronter et d’associer différentes valeurs, et à intégrer des conclusions justes et équitables au sein de meilleurs politiques et programmes.

Le rapport présente un certain nombre de méthodes et d’approches pour l’évaluation de la valeur de l’eau en fonction du secteur d’utilisation et montre comment ces outils ont été employés pour améliorer la gestion des ressources en eau.

Huitième d’une série de rapports thématiques annuels, l’édition 2021 du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau (WWDR) examine la valeur de l’eau sous de nombreux angles en s’intéressant aux ressources en eau, aux infrastructures hydrauliques, aux services d’approvisionnement et d’assainissement ainsi qu’aux utilisations économiques et aux valeurs culturelles. Elle expose les différentes méthodes permettant d’évaluer la valeur de l’eau et fournit des conseils sur les manières de les appliquer. Le rapport présente un certain nombre de méthodes et d’approches pour l’évaluation de la valeur de l’eau en fonction du secteur d’utilisation et montre comment ces outils ont été employés pour améliorer la gestion des ressources en eau. Il décrit également comment l’évaluation peut améliorer la prise de décision en termes de financement, de gouvernance, de renforcement des connaissances et des capacités.

Ledit rapport a recensé les méthodes et les approches actuellement appliquées aux fins de l’évaluation de la valeur de l’eau suivant cinq axes interdépendants : l’évaluation de la valeur des sources d’eau, des ressources en eau et des écosystèmes in situ ; l’évaluation de la valeur des infrastructures de stockage, de distribution, de réutilisation ou d’augmentation de l’approvisionnement en eau ; l’évaluation de la valeur des services d’eau (approvisionnement en eau potable, assainissement et aspects sanitaires afférents) ; l’évaluation de la valeur de l’eau en tant qu’agent de la production et de l’activité socio-économique, notamment dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture, de l’énergie et de l’industrie, du commerce et de l’emploi ; les autres valeurs socio-culturelles de l’eau, notamment ses attributs récréatifs, culturels et spirituels. Sont également présentées les expériences de différentes régions du monde, les occasions de concilier les multiples valeurs de l’eau grâce à des approches plus intégrées et holistiques de la gouvernance, et des mécanismes de financement, ainsi que les possibilités d’améliorer les connaissances, la recherche et les capacités.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s