Effets-COVID: L’activité économique de l’Afrique Subsaharienne devrait se situer entre 2,3 et 3,4 % en 2021.

Intitulé la COVID-19: L’Avenir du Travail en Afrique et le nouveau paysage numérique, l’analyse semestrielle de la conjoncture économique du continent africain nommé Africa’s Pulse a été présenté lors d’un entretien entre Albert Zeufack, l’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique et la web entrepreneure, Edith Brou, le Mercredi 31 Mars 2021. Selon ledit rapport, les prévisions de croissance pour la région subsaharienne tablent sur une progression comprise entre 2,3 et 3,4 % en 2021, en fonction des politiques adoptées par les pays et la communauté internationale. Pour 2022, la croissance du PIB réel est estimée à 3,1 %.

Revivez le live ici:

https://www.banquemondiale.org/fr/news/video/2021/03/31/africa-s-pulse-covid-19-and-the-future-of-work-in-africa

Le Rapport Africa’s Pulse 2021 a été présenté lors d’un entretien entre Albert Zeufack, l’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique et la web entrepreneure, Edith Brou, le Mercredi 31 Mars 2021.

Les mesures prises pour endiguer les nouvelles vagues du virus et le déploiement des vaccins anti-COVID laissent entrevoir un rebond en Afrique Subsaharienne, selon la dernière édition d’Africa’s Pulse, le rapport semestriel de la Banque mondiale consacré à la conjoncture économique africaine. En effet, ce rapport note que de nombreuses économies d’Afrique ont pu résister à la tourmente provoquée par la pandémie de COVID-19 grâce à la conjonction de plusieurs facteurs. Notamment au fait que le virus s’est propagé plus lentement que prévu et a fait moins de victimes que dans le reste du monde. Cela tient aussi à la bonne tenue de la production agricole et au redressement plus rapide qu’attendu des cours des matières premières. Le rapport souligne que la reprise économique dépendra de l’ampleur des réformes engagées par les pays pour soutenir la création d’emplois, encourager les investissements et accroître la compétitivité. La résurgence de la pandémie fin 2020 et un appui budgétaire supplémentaire limité vont obliger les responsables politiques à mener une rude bataille pour continuer de consolider la croissance et améliorer les moyens de subsistance des populations.

« L’an dernier, les pays africains ont consenti des investissements considérables pour maintenir leurs économies à flot et préserver la vie et les moyens de subsistance de leurs populations, indique Albert G. Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Afin d’intensifier ces efforts et d’ouvrir la voie à une reprise plus solide sur tout le continent, ils doivent mettre en œuvre des réformes ambitieuses qui permettront d’accompagner la création d’emplois, d’encourager une croissance équitable, de protéger les personnes vulnérables et de préserver l’environnement. »

3,1 % de croissance projetée en 2022

Les prévisions de croissance pour la région tablent sur une progression comprise entre 2,3 et 3,4 % en 2021, en fonction des politiques adoptées par les pays et la communauté internationale. Avec un taux d’infection d’environ 40 % supérieur à celui de la première vague, la deuxième vague de coronavirus risque de tirer ces prévisions vers la fourchette basse. Alors que certains pays sont parvenus à faire reculer significativement la propagation du virus grâce aux mesures de confinement, d’autres sont confrontés à une hausse des contaminations. La croissance du PIB réel pour 2022 est estimée à 3,1 %. Dans la plupart des pays de la région, le niveau d’activité à la fin de l’année 2021 sera bien inférieur aux prévisions établies avant la survenue de la pandémie — une situation qui risque d’aggraver les conséquences négatives durables de la crise sanitaire sur le niveau de vie des habitants.

Les pays d’Afrique subsaharienne ne bénéficieront pas tous de la même dynamique de reprise. Les économies pauvres en ressources naturelles, comme la Côte d’Ivoire et le Kenya, et dans les économies dépendantes de l’extraction minière, comme le Botswana et la Guinée, devraient enregistrer un rebond solide en 2021, à la faveur d’une reprise de la consommation et des investissements privés portée par le retour de la confiance et d’une hausse des exportations.

En Afrique de l’Est et australe, la croissance devrait reculer à -3 % en 2020, plombée en particulier par les performances modestes de l’Afrique du Sud et de l’Angola, les deux locomotives de la sous-région. En dehors de ces deux pays, l’activité économique devrait rebondir de 2,6 % en 2021 et de 4 % en 2022. En Afrique de l’Ouest et centrale, la croissance s’est contractée de 1,1 % en 2020, un résultat supérieur aux prévisions d’octobre 2020, grâce à un fléchissement moins prononcé que prévu de l’activité au second semestre au Nigéria, la première économie de la sous-région. Le PIB réel en Afrique de l’Ouest et centrale devrait progresser de 2,1 % en 2021 et de 3 % en 2022. L’anémie des perspectives de croissance à court terme et le déploiement lent du vaccin dans les plus grandes économies vont peser sur les perspectives pour la région. Sans le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Angola, les projections d’activité pour le reste de la région signalent une croissance plus robuste. Les pays pauvres en ressources naturelles, comme la Côte d’Ivoire et le Kenya, et les économies tributaires du secteur minier, comme le Botswana et la Guinée, devraient enregistrer une croissance robuste en 2021, tirée par un rebond de la consommation et des investissements privés, alors que la confiance se renforce et les exportations reprennent. Le retour progressif des touristes, à mesure que les efforts de vaccination s’intensifient dans le monde entier, devrait favoriser une reprise modérée dans les économies fondées sur le tourisme, y compris le Cap-Vert et l’île Maurice. Cependant, le redressement devrait rester modeste chez les exportateurs de pétrole, en raison de faiblesses structurelles et de l’existence de problèmes sécuritaires qui aggravent l’impact de la pandémie.

La question de la dette

Les vulnérabilités de la dette sont élevées et en hausse dans de nombreux pays. Le niveau médian de la dette dans la région devrait, selon les projections, culminer en 2021. De nombreux pays sont sur une trajectoire ascendante tandis que d’autres affichent un ratio du service de la dette aux revenus fiscaux dépassant 20 %. Les déficits de financement resteront un défi à cause de l’accès limité aux marchés et de contraintes qui réduisent les possibilités d’une augmentation de revenus à court terme. Le règlement des problèmes de liquidité et de solvabilité va demander une aide supplémentaire, notamment la prorogation de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI). Celle-ci devra s’accompagner de dons et de financements concessionnels, afin de créer l’espace budgétaire nécessaire à des investissements économiques. Certains pays pourraient encore avoir besoin d’un traitement de la dette au-delà de la DSSI. La mise en application du Cadre commun et de la Politique de financement en faveur du développement durable et l’émission de nouveaux Droits de tirage spéciaux (DTS) seront des mesures décisives. La situation de la dette en Afrique va demander une mobilisation générale, et aucune option ne devrait être écartée.

 Les projections des déficits du compte-courant restent élevées dans toute la région, à cause d’une augmentation des coûts d’importation à la suite de la hausse des prix pétroliers. Ces déficits vont se rétrécir pour les pays exportateurs de pétrole, mais resteront élevés pour les exportateurs de métaux et les pays pauvres en ressources, à cause d’un redémarrage de projets à fort contenu d’importations dans les secteurs miniers et des infrastructures. La poursuite de l’appui fourni par la communauté internationale devrait aider à combler l’écart de financement dans de nombreux pays. Bien que l’inflation doive rester à des niveaux modérés dans la région, elle s’est accélérée dans certains pays tels que le Nigéria et l’Angola, à cause d’une augmentation des prix alimentaires et d’une dépréciation de la devise. Les pays importateurs nets de pétrole devraient subir une inflation plus élevée comparée aux exportateurs de pétrole, à cause d’une hausse de l’inflation dans les transports due à l’augmentation des coûts de carburant.

Accompagner la stratégie vaccinale contre le COVID.

Le nombre de pays enregistrant une croissance supérieure à 4 % en 2021 pourrait plus que doubler, et passer de 8 à 17. Une accélération du progrès dans le déploiement de vaccins efficaces, susceptibles d’assouplir les mesures de distanciation sociale et autres mesures de confinement plus rapidement que dans le scénario de référence, pourra dynamiser la confiance et accélérer la dépense. Des réformes de politiques crédibles, accompagnées de la disponibilité de ressources financières concessionnelles ayant un effet catalytique sur les investissements publics et privés, renforceraient la réponse en termes de croissance. Celle-ci pourrait augmenter de 1,1 point de pourcentage en 2021, et de 1,4 point de pourcentage en 2022 par rapport au scénario de référence. Le rythme de la reprise pourrait s’accélérer, avec près de 60 % des pays dans la région enregistrant une croissance d’au moins 4 % en 2022.

Garantir un coût abordable dans l’accès au numérique

Le rapport Africa’s Pulse souligne également que les pays africains peuvent accélérer leur redressement, en intensifiant les mesures actuelles de soutien à court terme à l’économie et aux populations, en particulier les femmes, les jeunes et les autres groupes vulnérables. Ces politiques doivent aller de pair avec des réformes encourageant une hausse d’une productivité inclusive et de la compétitivité des pays. L’allégement du fardeau de la dette permettra de dégager des ressources publiques pour investir notamment dans l’éducation, la santé et les infrastructures. Les investissements en faveur du capital humain contribueront à atténuer le risque de dommages durables liés à la pandémie, dont la plupart se manifesteront à plus long terme, tout en stimulant la compétitivité et la productivité. Les douze prochains mois seront décisifs pour permettre à la zone de libre-échange continentale africaine de jouer pleinement son rôle pour accélérer l’intégration des pays d’Afrique dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

Le rapport rappelle enfin que les réformes visant à combler les lacunes en matière d’infrastructures numériques et à améliorer l’inclusivité de l’économie numérique — notamment celles destinées à garantir un coût abordable et à permettre à la société tout entière d’acquérir les compétences nécessaires dans ce domaine— sont la clé de l’amélioration de la connectivité, de l’accélération de l’adoption des technologies numériques et de la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour les hommes et les femmes du continent.

COVID-19 : l’action du Groupe de la Banque mondiale

La Banque mondiale, l’une des principales sources de financements et de connaissances pour les économies en développement, prend des mesures rapides et de grande envergure en vue d’aider ces pays à faire face aux conséquences sanitaires, sociales et économiques de la pandémie de COVID-19. Une enveloppe de 12 milliards de dollars est notamment destinée à aider les pays à revenu faible et intermédiaire à assurer l’achat et la distribution de vaccins, de tests et de traitements anti-COVID et à renforcer leurs systèmes de vaccination. Ces financements s’inscrivent dans le cadre plus large de la réponse déployée par le Groupe de la Banque mondiale face à la pandémie, qui aide actuellement plus de 100 pays à renforcer leurs systèmes de santé, protéger les ménages les plus pauvres et installer les conditions propices à la préservation des moyens de subsistance et de l’emploi pour les populations les plus durement touchées.

Télécharger le rapport ici:

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